Séminaire itinérant du Centre d'Alembert

Séance n°5:
Big data, IA, sélection des données :
causalités, corrélations, conséquences


Jeudi 18 avril 2019
14h-16h

Bâtiment 650, plateau du Moulon, rue Noetzlin, Gif-sur-Yvette

Informations pratiques : accès au LRI

Intervenants :
Diviyan Kalainathan
doctorant, Laboratoire de Recherche en Informatique (LRI)

Causalité observationnelle, découverte de liens de cause à effet sans expériences randomisées

Le résumé sera disponible ultérieurement...


Paola Tubaro
sociologue, chargée de recherche au CNRS, Laboratoire de Recherche en Informatique (LRI)

Sélectionné.e par une IA ?
Algorithmes, inégalités, et les « humains dans la boucle »

           
Les développements récents de l’intelligence artificielle, nourrie par de grandes bases de données numériques et des capacités de calcul sans précédent, font entrevoir des possibilités inouïes d’automatisation des processus de sélection : à qui octroyer un prêt, qui paiera quelle prime d’assurance, qui va être suspecté d’un crime. L’enthousiasme des industriels, capables enfin de segmenter le marché de manière très fine, contraste les craintes des activistes, inquiets des violations de la vie privée et des risques accrus de fichage.

La présentation proposée va parcourir ces débats, scientifiques et politiques, en soulignant l’existence d’inégalités sociales qui sous-tendent l’essor actuel de l’IA, et que celui-ci à son tour renforce – ou du moins affecte. Il faut repenser ce phénomène en tenant compte plus explicitement de la place des humains dans le processus, autant en aval (en termes des effets sociaux du déploiement de l’IA à l’échelle industrielle) qu’en amont (en termes des choix et des activités humaines qui participent au développement de l’IA). La conclusion passera en revue de diverses propositions d’accorder des droits spécifiques aux personnes touchées, à différents stades, par l’IA, sa production et sa commercialisation.

 

Organisateurs
Christine Eisenbeis, LRI, Université Paris-Sud et
Julien Gargani, directeur du Centre d’Alembert

 

  "La sélection dans tous ses états : fonctions, processus, conséquences"

Séance n°3
Coopération et compétition sportives : quelle(s) sélection(s) ?

Le sport, forme idéale de sélection ?

 

Mardi 19 mars 2019
14h-16h
Centre Scientifique d'Orsay
Bâtiment 335 (STAPS) – Rue Pierre de Coubertin - Amphi RdC
Entrée libre

Conférence introductive  :
Manuel Schotté
professeur de sociologie, CLERSE – UMR CNRS 8019, Université de Lille



Le sport est souvent vu comme donnant lieu à une forme de sélection parfaite. Fondé sur l’égalité formelle de tous les participants, il consacrerait les plus performants d’entre eux, qui accèderaient naturellement au sommet de la hiérarchie sportive. C’est à ce titre qu’il est souvent érigé en modèle, en tant qu’il mettrait en forme un type de sélection fondamentalement juste.
Cette conférence, qui s’appuiera sur de nombreux travaux de sciences sociales, entend revenir sur cette évidence en montrant d’abord que le mode de sélection qui prévaut en sport n’a rien de naturel puisqu’il est le produit d’une série d’investissements et de mises en forme tout à fait contingents. Il s’agira ensuite de montrer que les conditions d’accès à la réussite sociale renvoient à un ensemble de déterminismes qui conduit à altérer sérieusement l’image d’un espace qui consacrerait automatiquement les plus « talentueux ». Il s’agira, enfin, d’interroger le rôle que joue la fiction d’une sélection parfaite dans le maintien de fortes inégalités en termes de reconnaissance matérielle et symbolique entre sportifs. On montrera dans ce cadre que la référence au talent intervient comme un outil de légitimation des énormes inégalités de traitement entre les compétiteurs les plus en vue et les autres.
C’est fort de cette triple mise au point que le propos reviendra, en conclusion, sur le sens que peut revêtir le fait de considérer la sélection sportive comme un modèle. Si elle est un modèle, c’est celui d’une forme avancée de darwinisme social.
 
Table ronde :
Anaïs Bohuon : professeure de sociologie, CIAMS. Université Paris-Sud,
Guillaume Conraud : doctorant CIAMS EA 4532. Université Paris-Sud
Ariane Gan : doctorante CIAMS EA 4532. Université Paris-Sud
 
En interactivité avec le public, ils questionneront les processus de sélection qui structurent les modalités sportives compétitives, forme dominante produite par plus d’un siècle d’institutionnalisation et de codification. Ils identifieront notamment les effets contradictoires mais aussi les postures anti-compétitions et les formes dites « alternatives » qui s’inventent chaque jour. La table ronde sera animée par Dominique Charrier (MC HDR, CIAMS CS2. Université de Paris-Sud).
 
Organisateurs :
Dominique Charrier, MC HDR, CIAMS CS2. Université Paris-Sud
Julien Gargani, Directeur du Centre d'Alembert

Séance n°4
La sélections des missions spatiales
aspects techniques, politiques, économiques - conséquences sur la production scientifique

 


Lundi 25 mars 2019
13h30 - 15h30
Centre Scientifique d'Orsay
 Institut d'Astropysique Spatiale - Bâtiment 121- Rue Jean-Dominique Cassini - Salle 1-2-3, 1er étage
Entrée libre
 
Intervenants :
Yves Langevin,
astrophysicien, directeur de recherche émérite, Institut d’Astrophysique Spatiale, Orsay


La sélection des missions spatiales scientifiques dans le contexte français et européen


La recherche spatiale scientifique en France a pour contexte principal le programme scientifique de l’Agence Spatiale Européenne, avec le soutien du CNES pour les charges utiles. Le programme national ainsi que les collaborations bilatérales entre le CNES et d’autres agences (principalement la NASA pour les USA mais aussi le Japon, la Chine, la Russie, et l’Inde) constituent des opportunités complémentaires. Compte tenu du petit nombre d’opportunités et, pour les missions d’exploration du système solaire, de phases de croisières dont la durée se situe entre moins d’un an (Mars) à plus de 10 ans (Rosetta, rendez-vous cométaire), la définition et la mise en œuvre de ces programmes se situent sur le long terme, jusqu’à 30 ans entre les premières études et la fin de la mission.



Arnaud Saint-Martin,
sociologue, chargé de recherche au CNRS et rattaché au Centre européen de sociologie et de science politique (CNRS, EHESS, Paris 1)


Affinités sélectives dans l’industrie spatiale américaine


Dans cet exposé, je proposerai d’analyser les modes de structuration du champ de l’astronautique américaine, notamment les relations entre l’industrie « privée » et les organisations gouvernementales et publiques, à commencer par la NASA et l’USAF. On se focalisera sur les processus par lesquels les projets et les programmes sont sélectionnés et in fine contractés, et ce que ces interactions contractuelles affinitaires disent de l’économie politique du « secteur » spatial, dont il est aujourd’hui de bon ton de dire qu’il traverse une crise – ou plutôt l’avènement d’un nouveau « paradigme », le « NewSpace ». Je m’appuierai sur des études de cas tirées d’une enquête sociologique en cours.

Organisateurs
Jean-Claude Vial, IAS, Université Paris-Sud et
Julien Gargani, directeur du Centre d’Alembert