Juliette Olivré


Crédit photo : Juliette OLIVRÉ
Juliette OLIVRÉ, une diplômée chez Imagine l’Institut de recherche Necker

Juliette OLIVRÉ est originaire de Menton, elle est arrivée en région parisienne pour suivre la Licence professionnelle biotechnologie et bio-industrie de l’Université Paris-Sud qui connait alors déjà d’un très bon classement. Elle est aussi enthousiasmée par la possibilité de l’apprentissage, l’occasion de s’offrir 6 mois d’expérience professionnelle avant de se lancer. Aujourd’hui elle est ingénieure à l’Institut Imagine, autrement dit l’institut de recherche des maladies génétiques sur le site de l’Hôpital Necker. Nous avons pu échanger avec Juliette à l’occasion du Forum des métiers de la Licence biotechnologie & bio-industrie qui réunit étudiants et diplômés pour parler insertion professionnelle.

  

 

 

Originaire de Menton, comment êtes-vous arrivée à Paris-Sud ?

Comme vous dites, je suis originaire de Menton. Après mon BTS en bio-analyse et contrôle à Grasse, j’ai recherché une licence qui pouvait me correspondre. La Licence professionnelle biotechnologie & bio-industrie de Paris-Sud me plaisait bien et j’avais vu dans le journal L’Etudiant que l’université était bien classée.

La licence a été très complémentaire de mon BTS pour la partie « théorie » et j’ai beaucoup apprécié les sessions « Travaux pratiques » qui s’étalaient à chaque fois sur des périodes de 3 semaines.

Enfin j’étais surtout très enthousiaste à l’idée de pouvoir faire un apprentissage car cela permet de justifier sur mon CV de 6 mois d’expérience professionnelle dans le secteur au sein duquel on a envie de travailler.

Justement où avez-vous réalisé votre apprentissage ?

J’ai eu la chance d’être apprenti chez Danone Research où j’ai pu travailler sur la mise en place de techniques de quantification spécifique de bactéries lactiques dans les produits laitiers. Dit plus simplement, j’ai travaillé sur les effets bénéfiques des probiotiques et la dimension « alicament » qui tient à cœur à Danone.


Crédit photo : DANONE - Live Science Lab

Après votre apprentissage, avez-vous poursuivi votre parcours professionnel chez Danone ?

Oui mais pas tout de suite ! A la fin de mon apprentissage, il n’y avait pas de recrutement sur mon poste chez Danone. J’ai eu la chance d’être embauchée par InnaVirVax une start-up du Genopole à Evry. Cela a été très instructif de passer d’un grand groupe à une start-up, les cultures sont très différentes. J’y suis restée 6 mois et j’ai travaillé sur le suivi immunologique (notamment les réponses vaccinales) pour la guérison des personnes porteuses du VIH.

Finalement Danone m’a rappelé car j’avais gardé contact avec eux et je les ai rejoints pour le montage d’une plateforme de cytométrie. La plateforme permet d’avoir plus de précision dans les qualifications applicables et elle est adaptable à des projets très différents et à des matières laitières très différentes.

Aujourd’hui vous travaillez chez Imagine, l’institut de recherche de l’Hôpital Necker, pouvez-vous nous en dire plus ?

L’Institut Imagine regroupe les équipes de recherche de l’Hôpital Necker qui travaillent sur les maladies génétiques notamment chez l’enfant. Je suis ingénieure et je gère la mise en place d’un protocole de thérapie cellulaire. J’assure la transition de la recherche vers l’application thérapeutique d’un protocole permettant l’accélération de la reconstitution d’un système immunitaire chez l’enfant immuno-déficient, dans le respect de la réglementation. C’est une mission passionnante mais il y a de vrais enjeux de santé, il faut donc être très vigilant.


Crédit photo : DANONE - Live Science Lab

 Que pensez-vous de l’utilité d’un réseau alumni ?

A échelle de la licence professionnelle Paris-Sud, j’ai bénéficié des avantages du réseau alumni. J’ai toujours été en contact avec les professeurs, pour échanger, pour être informée, comme par exemple de la tenue du forum des métiers.

J’ai aussi reçu une oreille très attentive quand j’ai eu le projet de compléter ma licence par un master. Jusqu’à présent, j’étais technicienne supérieure de laboratoire mais l’Institut Imagine m’a encouragé à obtenir un BAC+5 pour pouvoir aller sur un poste d’ingénieur. J’ai donc suivi une formation au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) avec  le parcours hors temps de travail  (cours du soir). Cela a été un vrai effort mais je ne regrette pas, je vais bientôt être diplômée !

Qu’avez-vous pensé du Forum des métiers de Biotechnologie & Bio-industrie ?

C’est vraiment un évènement que je recommande car il y a un vrai échange entre les étudiants et les diplômés ainsi que les professeurs.

Pour ma part, j’ai pu présenter mon parcours et faire passer 3 messages qui sont pour moi les plus importants :

-          La licence professionnelle Biotechnologie & Bio-industrie permet d’accéder à des métiers et des secteurs assez divers. Mais à cette diversité il y a en retour une exigence d’adaptabilité. Dit très simplement, les biotechnologies permettent de passer du yaourt aux thérapies de l’enfant.

-          Le réseau professionnel est important et il faut l’entretenir. C’est grâce aux liens que j’avais gardé avec Danone que j’ai pu y revenir après mon alternance par exemple.


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

-          La réalité des salaires. De mon point de vue les étudiants doivent être tenus informés du marché et des prix. Ils doivent être correctement armés pour se défendre dans une négociation surtout les femmes ! C’est assez terrible de le constater mais elles ont tendance à être payées en moyenne 20% de moins que les hommes. 

Comment entretenez-vous votre réseau ?

Personnellement, je pense que pour entretenir un réseau il faut donner et prendre des nouvelles. J’utilise beaucoup le réseau social professionnel LinkedIn. J’envoie un mail à l’occasion de la nouvelle année, lorsque je vois une offre qui me fait penser à quelqu’un je la lui transfère, je « like » ou je partage les contenus intéressants des entreprises ou des personnes. Il ne faut pas attendre que le réseau nous « donne » pour donner en retour.

 

 

 

 

 

 

Juliette OLIVRÉ avait répondu présente au forum des métiers, de la Licence Professionnelle de Bio-industries & Biotechnologies, qui rassemble étudiants et diplômés

 


Crédit photo : Sylviane Liotenberg

Le Samedi 2 février 2019, le DEUST et la Licence Professionnelle de bio-industries et Biotechnologies qui depuis 2015 est co-portée par l’Université Paris-Sud et l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines, organisaient leur forum des métiers. Celui-ci se tenait de 14H à 18H à la Maison des Parisudiens (MAPS) et rassemblait les étudiants de la licence 1 à la licence 3 et une trentaine de diplômés des promotions précédentes. L’objectif du cursus est de former des techniciens de laboratoire en biologie, capables d’intégrer efficacement une équipe de recherche, fondamentale ou appliquée, et/ou de développement d’un process.

Le forum offre un panorama sur l’insertion professionnelle après la licence

Le forum a lieu chaque année. Dimitri GORGE-BERNAT, diplômé de la Licence Professionnelle en 2004, aujourd’hui ingénieur de laboratoire en cancérologie chez SANOFI, explique « J’ai toujours eu des nouvelles et gardé le contact avec l’équipe de la Licence Professionnelles de Bio-industries et Biotechnologies. Pour ma venue au Forum des métiers, c’est un peu une évidence d’y participer car nous devons beaucoup à nos professeurs qui ont vraiment tout fait pour que nous réussissions ; cela doit être au moins la cinquième fois que je m’y rends ».

Pour les étudiants, le forum est l’occasion de rencontrer les diplômés, d’échanger avec eux et de poser leurs questions. La licence a la chance d’avoir des diplômés travaillant dans des secteurs et des métiers très différents. Le forum est donc un panorama intéressant sur les insertions professionnelles possibles après le diplôme. Juliette OLIVRÉ ingénieur au sein de l’Institut Imagine, le centre de recherche de l’Hôpital Necker, et auparavant chez DANONE le souligne « la licence m’a permis de travailler dans l’agroalimentaire et désormais dans les thérapies géniques pour l’enfant. Notre parcours offre une grande diversité de carrières mais, en effet miroir, cela requiert aussi de l’adaptabilité ».  

Un après-midi d’échanges à forte valeur ajoutée entre étudiants et diplômés

Lucile HOET étudiante en Licence Professionnelle après avoir suivi les options de biotechnologies de L1 et le DEUST de Bio-industries et Biotechnologies avait fait le déplacement. Elle a découvert cette formation grâce à sa mère qui travaille chez SANOFI et qui a recruté plusieurs fois des alternants issus de ce cursus dont elle était à chaque fois très satisfaite. « On a pensé toutes les deux que ce serait une bonne formation puisque je voulais travailler dans les biotechnologies ». Elle a été agréablement surprise car il y avait des diplômés des dernières promotions mais aussi de celles de 2007 et 2008. « C’était vraiment intéressant d’échanger avec des jeunes diplômés comme avec des diplômés qui ont déjà une carrière derrière eux. Les intervenants étaient issus d’entreprises très différentes ce qui permet d’avoir un panorama assez large des débouchés professionnels. Pour ma part, j’ai pu avoir des informations concernant l’évolution de la carrière car je souhaite travailler directement après la licence sans pour autant me priver d’être un jour cadre. Certains diplômés s’étaient retrouvés face aux mêmes questionnements, j’ai donc pu échanger avec eux ».

Pouvoir orienter, conseiller, aiguiller en donnant les bonnes informations aux étudiants est vraiment important, d’autant plus que les étudiants peuvent parfois se faire de fausses idées. Pour Dimitri GORGE-BERNAT, il faut « rassurer sur l’entretien d’embauche ». De son point de vue « les étudiants ont tendance à se sous-estimer en arguant qu’ils n’ont pas d’expérience mais ils n’ont pas conscience que leur jeunesse offre de belles qualités : la motivation, la disponibilité, la réactivité ou encore une aisance avec certains outils numériques. Ils perçoivent souvent l’entretien comme un grand oral où ils seront jugés mais en réalité c’est surtout une rencontre entre une personne et une entreprise et chacun doit chercher à voir s’il correspond à l’autre ! »

Les questions sont très diverses, concernent le secteur privé comme le secteur public et souvent très concrètes comme celles qui portent sur les salaires. Pour Juliette OLIVRÉ « les étudiants doivent être tenus informés du marché et des prix. Ils doivent être correctement armés pour se défendre dans une négociation surtout les femmes ! C’est assez terrible de le constater mais elles ont tendance à être payées en moyenne 20% de moins que les hommes ».

Le réseau professionnel passe par le réseau des diplômés

Tous les diplômés ont insisté sur l’importance du réseau professionnel qui passe aussi par le réseau des diplômés. Juliette OLIVRE rappelle l’importance d’entretenir son réseau. « Pour ma toute première expérience professionnelle, j’étais en alternance chez DANONE et j’ai été recrutée par le groupe plus tard grâce aux liens que j’avais gardés avec mon ancienne équipe ».

LinkedIn est aussi un très bon outil, Juliette OLIVRÉ l’utilise pour souhaiter ses vœux de nouvelle année, pour envoyer une offre d’emploi qui pourrait correspondre à quelqu’un qu’elle connait. « Il ne faut pas attendre que le réseau nous « donne » pour donner en retour ».

Depuis sa création, l’équipe pédagogique et les responsables de la formation Sylviane Liotenberg et Michèle Reisdorf-Cren entretiennent le réseau des diplômés de cette licence professionnelle. L’idée est d’avoir un annuaire qui permet de contacter les diplômés tout en suivant leurs carrières professionnelles. C’est en effet très galvanisant pour les professeurs de connaitre les parcours de chacun, d’autant plus que la licence offre les meilleures conditions pour une orientation professionnelle réussie.

Ce suivi permet une proximité avec les diplômés qui trouvent au sein de l’équipe pédagogique, une oreille toujours attentive. « On a le cas de diplômés qui sont revenus vers nous car ils souhaitaient reprendre leurs études pour compléter la licence et qui souhaitaient avoir notre avis ». Dimitri GORGE-BERNAT est revenu sur les bancs de son université 10 ans après l’obtention de sa licence pour obtenir un Master 1 en pharmacie par VAE puis un Master 2 spécialisé en cancérologie. « Grâce à cette dernière formation équivalent à 4 mois de cours, j’ai pu évoluer sur mon poste chez SANOFI ».

 

Interview de Sabine Ferrier, 
Chargée du réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud, 
Direction de l’orientation professionnelles et des relations entreprises.

Pour toute information sur le réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud, vous pouvez contacter Sabine Ferrier,
chargée des relations diplômés à la Direction Orientation Professionnelle et Relations Entreprises : alumni.parisudien @ u-psud.fr,
01 69 15 33 29 (Bâtiment 330 campus d’Orsay).